La radicalisation islamique en prison au coeur d’un séminaire européen

• 1 oct, 2008 • Catégorie: Actualité

Guantanamo_1_1.jpgSAINT-DENIS (AFP) - Des experts européens se sont réunis mardi à Saint-Denis, en banlieue parisienne, pour examiner la radicalisation islamique en prison, un phénomène constaté dans plusieurs pays de l’Union européenne.

En France, ce problème concerne “plus d’une centaine” de détenus, a affirmé la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie en ouvrant le colloque organisé par l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste de la police française.

La radicalisation est un phénomène “que nous constatons depuis quelques années”, a rappelé la ministre, soulignant que l’on retrouvait également ce phénomène “dans d’autres pays tels que l’Allemagne et l’Autriche”.

La ministre a présenté un “manuel, à destination de l’ensemble des personnels pénitentiaires” de l’UE, recensant “un certain nombre d’indicateurs” annonciateurs d’un début de radicalisation et proposant “des recommandations”.

Parmi ces “indicateurs”, figure notamment “ce qui peut être d’ordre extérieur, vestimentaire ou barbe qu’on laisse pousser”, a précisé la ministre.

Elle y a ajouté “d’autres, moins visibles, par exemple, le refus d’obéir à des ordres donnés par les personnels féminins” de l’Administration pénitentiaire.

Le manuel regroupe aussi des “recommandations pour essayer d’interrompre le processus, de rétablir un discours, d’empêcher l’enfermement (sur soi-même) qui préside souvent à la radicalisation”, a souligné la ministre. Il invite aussi selon elle à “ne pas avoir une attitude de rejet d’une religion, assurer la liberté religieuse”.

Outre des spécialistes européens, participaient à ce séminaire des représentants de l’Algérie, avec qui “nous voulons travailler”, a affirmé la ministre, parce que “l’UE ne peut seule, lutter contre l’extrémisme ou le terrorisme”.

Enfin, Mme. Alliot-Marie a jugé que si les prisons étaient “un lieu où on peut déceler, agir” contre la radicalisation, il en allait de même pour d’autres qui permettent “l’échange de formation ou d’informations”, citant “les universités ou internet”.

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