Dangereux amalgames
• 22 sept, 2007 • Catégorie: Opinion •Dans le message de limam Al Qaradhaoui au président Bouteflika après les attentats de Batna et de Dellys, lu intégralement en ouverture du journal télévisé de lENTV lundi et mardi derniers, les téléspectateurs auront sans doute été surpris dapprendre que le vénérable « cheikh » apportait son soutien à lattitude du président de la République consistant à refuser « lextrémisme des islamistes dune part et celui des partisans de la laïcité dautre part ».Pas moins, pas plus. Des propos qui rappellent « étrangement » ceux prononcés par Abdelaziz Bouteflika devant les caméras de lENTV, à Batna, peu de temps après lexplosion de la bombe que le kamikaze portait sur lui. Ce soutien, ainsi formulé, de limam est, comme on dit dans le langage populaire, « la fille de son oreille ». En dautres termes, il lui aurait été « soufflé », « inspiré » Comme dit ladage : « Celui qui paie les violons choisit la musique. » En effet, de tels propos de la part dun imam, rapportés durant le Ramadhan, mois de piété et de ferveur religieuse, ont de quoi « faire mouche » auprès des téléspectateurs qui étaient accrochés à leur poste de télévision ces jours-là ! Un imam qui ne sest pas retenu jusquà la veille du 11 septembre 2001 de saluer les « actes de djihad » menés par le GIA et autres FIDA en Algérie ! Le message dAl Qaradhaoui est dailleurs truffé damalgames jusque dans lexégèse de lIslam. Comment peut-on oser renvoyer dos à dos les islamistes armés, leurs commanditaires, responsables de massacres dattentats et les laïcs ou supposés comme tels ? Est-il nécessaire de rappeler que les GIA, GSPC, FIDA et autres groupes terroristes ont, en leur temps, non seulement revendiqué les assassinats de laïcs ou supposés comme tels ? Rien, ni personne ne les a empêchés de « tirer gloriole » de ces lâches attentats contre des intellectuels, des hommes de science, des artistes, des journalistes. Une certitude doit être soulignée ici, à savoir que durant toute la période noire du terrorisme, aucun laïc ou supposé comme tel na pris une arme pour tuer froidement ou massacrer des femmes et des enfants. Un amalgame qui suggère « une troisième voie » incarnée par la démarche initiée par le président Bouteflika avec notamment la réconciliation nationale. Cette confusion nest pas sans rappeler lattitude de certains dirigeants qui, dans les années 1970, affirmaient nêtre attirés ni par le socialisme ni par le capitalisme et qui dans un élan messianique proposaient une « troisième voie » aux masses populaires. Le monde arabe compte encore quelques survivants parmi ces leaders. Malheureusement pour eux, lévolution du monde et sa globalisation ont eu très vite raison de ces chimères.
Par Reda Bekkat El Watan (Algérie) du 20/09/2007
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